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Cette critique automobile a été rédigée en décembre 2004

Modèle le plus diffusé d’Audi, l’A4 vient tellement d’évoluer fin 2004 qu’elle confine à la véritable nouveauté, en look comme en conduite.

Un petit bijou à conduire

Pièce maîtresse de la marque d’Ingolstadt sur l’échiquier européen, la berline A4 et sa variante break Avant assurent le meilleur de ses ventes, devant une A3 qui, depuis l’avènement de la 5 portes Sportback, la talonne en ce domaine.
Plus qu’un restylage, il faut plutôt parler pour l’A4 d’une importante évolution comme l’illustre bien l’apparence totalement rénovée de la berline 4 portes où toutes les pièces de sa carrosserie sont nouvelles, hormis le pavillon. Du reste, son constructeur a répertorié en interne par le matricule B7 cette nouvelle mouture lancée en décembre 2004, contre B6 pour la version initiale d’octobre 2000.
Avec sa nouvelle calandre “Single Frame” qui signe les réalisations de l’illustre emblême aux anneaux enlacés depuis les A8 et A6, la dernière A4 a de la gueule. Sa modernisation stylistique passe notamment aussi par l’incurvation du capot en V, l’apparition d’une nervure transversale sur la ceinture de caisse et de nouveaux boucliers de part et d’autre, qui allongent légèrement l’ensemble, de 4 cm environ. Des optiques avant et arrière redessinées et des bas de caisse mieux marqués achèvent d’insuffler un look inédit et réussi à l’A4 2005.
Dans l’habitacle, où la perception de qualité est depuis longtemps déjà une évidence chez Audi, on se retrouve davantage en pays de connaissance puisque les volumes de la planche de bord ont été reconduits. Néanmoins, de nouvelles applications décoratives et une pléïade d’autres détails - telle l’assise des sièges allongée - peaufinent autant l’agrément de la vie à bord que le confort. Sur la berline, la capacité déjà généreuse du coffre a encore gagné 15 dm3. Au-delà des 4 niveaux de finition (Attraction, Ambition, Ambiente et Ambition luxe) qui répondent forcément bien aux aspirations de la clientèle - déjà privilégiée - d’une telle auto, une exécution S Line s’ajoutera début 2005 pour accentuer la note sportive.
Mais à l’instar de ses prestigieuses rivales, majoritairement allemandes, la technologie recouvre au moins autant d’importance.
Outre une sécurité passive optimisée, on retiendra surtout que le train avant à double triangulation en aluminium s’est enrichi des biellettes de direction de la déclinaison très sportive S4 pour gagner en précision sous les différentes prises angulaires des roues antérieures. Traverse et berceau moteur ont été abaissés, davantage pour répondre à une norme de sécurité piéton, mais l’amélioration du centre de gravité qui en résulte joue aussi sur l’incisivité de la tenue au sol. Le train arrière a également été affiné dans le réglages de ses géométries élastocinématiques.
Essentiellement reconduite, la palette des motorisations s’élargit néanmoins aussi en essence d’un inédit 2 l. turbo et d’un V6 3,2 l. atmosphérique, tous deux à injection directe FSi. En diesel, apparition d’un 2.0 TDi à injecteurs-pompe de 140 ch et du V6 3.0 TDi inauguré par les A6 et A8, ramené ici à 204 ch.
Pour goûter à la quintescence dynamique d’une auto comme l’A4, sa facette essentielle, mieux vaut aller rouler sur un circuit fermé. Celui d’Albi nous a permis en l’occurrence de travailler sur la mise à jour de certains aspects comportementaux précieux en situation d’urgence :
raccourcissement des distances d’arrêt (7 m de gagnés à 130 km/h sur l’A4 B6) et endurance du freinage, agilité à haute vitesse sans perte d’adhérence et réactivité des aides à la conduite.
Concrètement, l’A4 B7 est un petit bijou à conduire, mais après tout, on le savait déjà ! Par contre,
l’assurance du châssis en toutes circonstances est devenue encore plus tangible alors que, parallèlement, le plaisir de conduire s’est encore accru, pour la plus grande joie des esthètes... encore nombreux au volant de pareille monture.
Parmi le choix étendu des 9 motorisations, avec trois boîtes et deux transmissions (traction et quattro),
c’est assurément le nouveau 2 l. TDi 140 ch qui s’inscrit dans le meilleur compromis, tant son efficacité est patente en se montrant déjà largement plus musclé que ne l’exige la circulation d’aujourd’hui, grâce à son couple important - 320 Nm - entre 1.750 et 2.500 tr/mn. Avec, l’A4 fait merveille sur les sinuosités des petits tracés campagnards.
Si le V6 TDi 204 ch donne directement accès au “toucher de route” des catégories supérieures, il faut aussi compter avec le 2 l. TFSi. Car ce propulseur essence, frère du tonitruant “moulin” qui anime la VW Golf GTi, a été réglé - à travers une cartographie d’injection spécifique - de façon à insuffler davantage de rondeur dans la conduite par un bon couple - 280 Nm - distribué sur une plage de régime spécialement étalée, entre 1.800 et 5.000 tr/mn. Mais sans rien perdre de sa fulgurance dans les accélérations. Comme l’électronique fine travaille également à la préservation de la consommation d’essence, ce moteur va presque au fond des choses dans l’exploitation d’un châssis qui ne demande que cela. C’est tellement vrai que le régulateur de trajectoire ESP 8.0 dernier cri ne se manifeste que très rarement, même en bousculant un peu l’A4, jouant son rôle de garde-fou avec sérieux, mais sans jamais brider la formidable dynamique de cette luxueuse berline bavaroise compacte.

Fiche technique

Carrosserie
• Berline 4 portes et break de 4,58 m de long.
• Coffre : 460/720 dm3 (berline).
• Poids à vide : 1.430 kg (2.0 TDi).

Motorisation
• Essence 4 cylindres
-----8 soupapes 1.596 cm3 de 75 kW/102 ch/7 cv, 4 cyl.
-----20 soupapes atmo 1.984 cm3 de 96 kW/130 ch/8 cv et turbo 1.781 cm3 de 120 kW/163 ch/11 cv, 4 cyl.
-----16 soupapes turbo à injection directe TFSi 1.984 cm3 de 147 kW/200 ch/12icv,
-----V6 24 soupapes inj. directe FSi 3.123 cm3 de 188 kW/256 ch/17 cv.
• Turbo-diesel 4 cylindres
-----8 soupapes à injecteurs-pompe TDi 1.896 cm3 de 85 kW/116 ch/7 cv,
-----16 soupapes 1.968 cm3 de 103 kW/140 ch/8 cv, 6 cylindres
-----24 soupapes common rail 2.496 cm3 de 120 kW/163 ch/10 cv, et 2.967 cm3 de 150 kW/204 ch/12-13 cv quattro avec filtre à particules sans entretien en option.
• Traction ou transmission intégrale Quattro (accessible à partir de 163 ch).
• Boîte manuelle 5 ou 6 vitesses, BVA Tiptronic 5 ou 6 rapports ou Multitronic.
• Direction assistée, asservie à la vitesse sur modèles de pointe, ABS/EBV/BAS, EDS, ASR, ESP 8.0, 6 airbags de série dont 2 rideaux.

Performances
(données constructeur, 2.0 TFSi/2.0 TDi)
• V Max : 241/212 km/h. 0-100 km/h : 7”3/9”7.
• Conso moy. norm : 10,9-5,8-7,7/7,8-4,5-5,7 l./100.
• CO2 : 185/153 g/km.

Prix (en décembre 2004)
• De
24.580 EUR (1.6 Attraction) à 48.830 EUR (V6 3.2 FSi Avant quattro). Ecart berline/break Avant : 1.330 EUR. 2.0 TDi 140 ch boîte 6 Attraction à partir de 28.960 EUR. 2.0 TFSI 200 ch boîte 6 Ambiente à partir de 33.490 EUR.

Atouts

iNouvelle esthétique séduisante. iPrestations routières de très haut niveau. iFinition élogieuse. iNouvelles motorisations enthousiasmantes. iConfort général.

Lacunes

iHabitabilité arrière relativement limitée. iEtroitesse des portes arrière pénalisant l’accès.

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