| Pour continuer sa croissance en Europe, le géant nippon Toyota ajoute une petite voiture à sa gamme, lAygo. Avec le concours de Peugeot Citroën. Elle a beaucoup dune grande !
On ne parle que de ça dans lautomobile : la voiture low-cost - à bas prix - a-t-elle de lavenir en Europe ? Si Renault a ouvert le débat en décidant dy introduire sa Dacia Logan fabriquée en Roumanie, Toyota et PSA Peugeot Citroën apportent aussi leur vision des choses avec la réalisation dune usine commune, TPCA (Toyota Peugeot Citroën Automobile), qui vient de sortir de terre à Kolin, en République Tchèque, dans la banlieue de Prague. Objectif : fabriquer au meilleur coût selon le fameux système de production Toyota, réputé pour sa qualité, une toute petite voiture pour les trois marques partenaires. Chez Toyota, elle sappelle Aygo, homophone du terme anglais I go, jy vais, commercialisée à partir du 20 juin. Contrairement à ses concurrents français, Toyota ne dispose pas dantériorité dans ce créneau en Europe. Sans réservoir de modèles à renouveler, le second constructeur mondial a opté pour une stratégie de conquête de clientèle originale, en sadressant principalement à la E génération, la jeune génération des Européens de 20 à 30 ans. Ce qui, concrètement, se traduit par un lancement commercial atypique, notamment au travers dune forte action promotionnelle sur internet et lorganisation dévénements ludiques et musicaux destinés in fine à leur démontrer que lAygo leur fournit un accès à la voiture neuve par un prix oscillant autour des 9.000 EUR, assorti de formules de financement étudiées pour eux. La finalité de cette opération séduction étant despérer les satisfaire et ainsi les accompagner dans leur ascension sociale en les fidélisant autour des autres modèles de la marque. LAygo proprement dite a un bon look. Courte mais dallure sympa, elle offre 4 places sous deux carrosseries, 3 ou 5 portes. Dans ce dernier cas, les glaces arrière ne descendent pas, mais sentrebaillent par compas. Naturellement, les deux places postérieures nont rien dimmense, mais même de jeunes adultes tout en hauteur peuvent sen contenter. En revanche, le coffre est minuscule, deux sacs de sport moyen tout au plus. Certes, la banquette rabattable - en deux parties dès le stade intermédiaire Up - permet une certaine modularité, mais la souplesse a ses limites... Si la version de base de lAygo nintègre ni les vitres électriques avant, ni le verrouillage centralisé, présent sur le niveau 2 Up, ABS, double airbag, direction assistée et boucliers couleur caisse sont en dotation standard. En niveau 3, Sport, sajoutent un compte-tours, une climatisation, des jantes alliage de 14 pouces et des feux antibrouillard. De fait, cest en Up que lAygo fait le bon compromis, avec notamment 4 airbags, un autoradio CD avec 6 HP et les commodités déjà citées. Une tenue de route presque imperiale !
Si lAygo, comme ses cousines Citroën C1 et Peugeot 107, fait dans la rationalisation technique, la mini Toyota na rien dune sous-voiture. Son 3 cylindres 1.0 l. essence signé Toyota, un brin bruyant, ne manque pas dentrain, à la fois grâce à sa distribution variable et le poids presque plume de lauto, alors que létagement de la bonne boîte à 5 vitesses, manuelle ou robotisée, participe au brio densemble, notamment en côte. Un diesel dorigine PSA sera également de la partie, mais absent dans la flotte dessai du constructeur destinée à la presse internationale. Sur une chaussée aussi sinueuse que méchamment mouillée, lAygo na pas non plus caché son savoir-faire en matière de tenue de route, avec une direction précise et des trains de roulement assurément équilibrés entre eux pour suivre la trajectoire sans souci. En forçant la cadence, toute tendance au sous-virage est jugulée par une très légère dérive du train arrière. Une bonne tenue comportementale qui ne doit rien à lélectronique, en découlant seulement de lexcellence des géométries des trains de roulement, McPherson à lavant et barres de torsion à larrière. Parfois un peu rude, lamortissement savère également globalement réussi. Bluffante sur la route, lAygo lest hélas moins dans certaines menues contingences pratiques du quotidien. Le souci de contenir les coûts de fabrication a en effet supprimé toute poignée de maintien pour les passagers, alors que les sièges avant des 3 portes perdent leur réglage au basculement de leur dossier. Que TPCA sen occupe, et la petite Aygo ne sen trouvera que plus grande dans le paysage automobile ! Fiche technique
Carrosserie Berline 3 ou 5 portes 4 places de 3,40 m de long. Coffre : 139/1.093 dm3. Poids à vide : 840 kg (1.0 3 p. Up). Motorisation Essence 3 cylindres 12 soupapes à distribution variable VVT-i 998 cm3 de 50 kW/68 ch. Turbo-diesel common rail 4 cylindres 8 soupapes 1.398 cm3 de 40 kW/54 ch/4icv. Traction avant. Boîte 5 vitesses manuelle ou robotisée. Direction à assistance électrique, ABS avec EBD et 2 airbags de série en base. Performances (données constructeur) V Max : 157 km/h. 0-100 km/h : 142. Conso moy. norm : 5,5-4,1-4,6 l./100. CO2 : 109 g/km. Prix (en mai 2005) 6 versions essence de 8.500 EUR (Aygo 1.0i 3 portes) à 11.100 EUR (Sport 5 portes). 4 versions diesel 1.4 D-4D de 10.800 EUR (Up 3 portes) à 12.700 EUR (Sport 5 portes). Supplément 5 portes de 300 EUR. Aygo 1.0 Up 3 p. à 9.200 EUR. Atouts
Silhouette originale. Tenue de route. Qualité perçue de lhabitacle correcte. Technicité de bon niveau. Rapport équipement/prix assez favorable. Lacunes
Aucune poignée de maintien. Capacité du coffre trop modeste. Volant réglable quen hauteur. Freins en déficit de mordant. Moteur essence pétillant mais sonore. Choix restreint à 3 couleurs de carrosserie. LES PHOTOS...
Son allure assurément sympathique fait un bel écrin à cette petite voiture techniquement très moderne. Courte dehors mais assez habitable dedans, lAygo pèche néanmoins par une capacité de chargement minimale insuffisante.

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