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-Jeep GRAND CHEROKEE

Cette critique automobile a été rédigée en août 2005

La troisième génération de la “grande Jeep” incarne toujours mieux l’esprit d’aventure avec une polyvalence goudron-terre des plus réussies.

Jeep Grand Cherokee : une maestria certaine

Pour avoir réalisé la première automobile tout-terrain légère il y a plus de soixante ans, la fameuse Jeep du “Débarquement de Normandie” (mais déjà présente à Pearl Harbour), la marque américaine éponyme qui en a été directement issue reste, de nos jours, l’une des plus légitimes pour proposer des véhicules 4x4. Moyennant quoi l’esprit pionnier de conquête des grands espaces continue de souffler sur les dernières réalisations de ce constructeur. Et la troisième génération de son modèle phare, le Grande Cherokee, en est assurément le plus raffiné.
Son premier attrait tient à son look bien régénéré sur la mouture précédente, avec une belle pincée de robustesse visuelle liée à ses volumes plus carrés comme à sa surface vitrée un peu plus réduite qu’auparavant. Dommage tout de même que sa face postérieure se donne des petits airs de Hummer, l'autre référence américaine actuelle en matière de véhicules passe-partout avec les élitistes déclinaisons civiles de l’actuel tout-terrain de l’US Army, produites par le rival General Motors. La Jeep donne ainsi l'impression de jouer les suivistes, alors que la marque américaine ne manque ni d'histoire ni d'authenticité stylistique pour "nourrir" ses réalisations, comme en témoigne du reste les autres facettes du nouveau Grand Cherokee.
La physionomie de l’habitacle se contente d’optimiser les prestations de confort du modèle antérieur par des cotes plus étirées.
Plus imaginative qu’auparavant, la planche de bord s’inscrit pour sa part dans les formes des dernières BMW... du reste dessinées par un Américain, Bangle. En son centre, un grand écran couleur favorise le guidage par GPS, en option. Mais c’est l’élévation tangible de la qualité de réalisation qui range sans ambiguïté le Grand Cherokee dans la catégorie luxe. Son équipement de base est à l’avenant, avec un premier niveau Laredo qui intègre déjà un peu de superflu (témoin d’alerte de pression des pneus, siège conducteur à réglages électriques, etc). Sur le stade supérieur Limited s’ajoutent encore un pédalier réglable électriquement, un radar de recul ou une sono hi-fi encore plus évoluée. Seule - petite - fausse note : le volant n’est réglable qu’en hauteur, et gainé de cuir qu’en Limited. Bien entendu, la banquette arrière 60/40 offre toute la modularité nécessaire pour se replier asymétriquement en un plancher plat, dégageant un beau volume de coffre, déjà appréciable en configuration 5 places. La - véritable - roue de secours étant logée dessous, le seuil de chargement apparaît passablement haut.
Mais c’est bien dans sa définition technique que le Grand Cherokee donne le meilleur de lui-même avec une structure de caisse très rigidifiée (+ 60 % de mieux sur la génération 2). En découle l’installation d’une suspension avant indépendante, le pont arrière restant rigide, guidé par des double bras tirés. Dans le même ordre d’idée, une seule impulsion électrique permet d’enclencher blocages de pont et vitesses réductées nécessaires à la progression en tout-terrain difficile. A cet effet, les moteurs sont coupleux, à commencer par les deux gros V8 essence, dont un nouveau 5,7 l. capable de fonctionner momentanément sur 4 cylindres pour abaisser la consommation à celle d’un V6. On leur préférera bien sûr chez nous le V6 turbo-diesel d’origine Mercedes...

Une performance technique, mais aussi tarifaire

C’est sur le Tourmalet, l’enfer des cyclistes du Tour de France, que nous avons pu mettre le nouveau Grand Cherokee à l’épreuve de la route sinueuse. Sans évidemment jouer les voitures de sport, l’imposant 4x4 américain est néanmoins capable d’une certaine maestria en enroulant des trajectoires rigoureuses à partir d’une direction précise et de fermeté idoine pour l’agrément de conduite, tangible. Sans roulis excessif, les deux essieux effacent même une bonne partie des traitrises du tracé par une traction intégrale permanente neutre qui garantit à ce grand véhicule une adhérence de tous les instants. Et comme le V6 turbo-diesel libère un gros couple de 510 Nm entre 1.600 et 2.800 tr/mn, la lourde masse qu’il représente en mouvement ne se sent guère de l’accélérateur. Méfiance pourtant avec les freins, car la boîte auto, malgré la pertinence de son service dans la circulation routinière, ne donne pas - selon la loi du genre - tout le frein moteur qu’il faudrait dans ce contexte particulier, avec au bout du compte des ralentissements qui s’évanouissent lorsqu’on force la dose.
Si le bilan apparaît déjà élogieux sur le goudron, il faut mener le rutilant 4x4 sur de la vraie “montagne à vaches”, dévaler des pentes de caillasse sèche, ou encore traverser un gué, pour se rentre compte que cette monture de fer et de verre sort forcément gagnante des obstacles naturels. Il suffit de conserver un filet de gaz tout en gardant les roues directrices les plus droites possibles, sans rien avoir d’autre à faire... que de tomber d’admiration face à autant de savoir faire !
Certes, la performance n’est guère utile, à en juger par les us et coutumes des propriétaires de 4x4, peu inclins à griffer leur peinture sur les épineux ! Mais elle est bien là, hissant d’emblée le Jeep Grand Cherokee au niveau des meilleurs 4x4 de sa catégorie. Avec le “petit plus” d’un prix légèrement adouci sur ceux de ses riveaux, pour faire admettre que la conception américaine de la randonnée automobile a du bon.

Fiche technique

Carrosserie
• Station-wagon 5 portes 5 places de 4,75 m de long.
• Coffre : 978/1.909 dm3.
• Poids à vide : 2.142 kg (3.0 CRD).

Motorisations
• Essence V8 32 soupapes atmosphérique 4.700 cm3 de 170 kW/231 ch/18 cv et 5.654 cm3 avec désactivation 4 cylindres de 240 kW/326 ch/26 cv.
• Diesel V6 24 soupapes “common rail” avec turbo à géométrie variable 2.987 cm3 de 160 kW/218 ch/15 cv.
• Traction intégrale permanente Quadra-Drive II avec différentiels à glissement limité électroniques.
• Boîte automatique séquentielle 5 rapports avec overdrive, fonction remorquage et gamme courte.
• Direction assistée hydraulique variable, 4 freins à disque, ABS/EBD, antipatinage 4BTC, ESP, antiretournement ERP, 6 airbags de série, dont 2 rideaux av. et ar.

Performances
(données constructeur, V8 5.7i/3.0 CRD)
• V Max : 208/200 km/h. 0-100 km/h : 7”1/9”.
• Conso moy. norm : 21,3-12-15,4/13,1-8,6-10,2 l./100.
• CO2 : 366/270 g/km.

Prix (en août 2005)
• 4 modèles de
43.900 EUR (3.0 CRD Laredo) à 54.900 EUR (V8 5.7i Limited).

ATOUTS

Comportement tout-terrain majestueux.
Tenue de route goudron équilibrée.
Roulis fort peu marqué.
Bon compromis en confort d’amortissement.
Positionnement prix.

LACUNES

Volant pas réglable en profondeur.
Importants reflets sur le pare-brise très incliné.
Faiblesse des freins à l’échauffement.
Poignée de maintient passager peu pratique.
Espace aux jambes pas énorme à l’arrière.

LES PHOTOS...

D’allure personnelle tout en rappelant son prédécesseur, le Grand Cherokee 3 perpétue la glorieuse histoire de Jeep. Encore plus pratique que la dernière génération, le nouveau Grand Cherokee remplit son contrat vis-à-vis des fidèle de la marque.



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